On a rencontré Charles, le créateur de Gorfoo, la marque qui ne jure que par le confort et des matériaux innovants et écologiques !

Pouvez-vous nous raconter un peu votre parcours ?

Je suis né en Charente Maritime à la campagne. Mes études m’ont mené vers la podologie, ce qui m’a sensibilité à la chaussure. De là, me suis spécialisé dans les chaussures de ski, de montagne, je me suis aussi formé à la réflexologie. Un jour, j’ai eu un accident qui m’a fait dire que c’était peut-être le moment de me consacrer à toutes ces idées de design que j’avais depuis longtemps. J’ai commencé à designer des chaussures et puis à rencontrer des fabricants. Mais j’ai vraiment eu un choc sur les matériaux utilisés. On parle beaucoup d’écologie mais dans la réalité, il n’en est pas question, ou si peu. Donc ces recherches m’ont sensibilité à l’écologie et aux matériaux en général parce que le style est une chose mais la matière est encore plus importante.

 « On parle beaucoup d’écologie mais dans la réalité, il n’en est pas question, ou si peu » 

D’où est venue l’idée de créer la marque Gorfoo ? Est-ce que l’idée découlait naturellement de ce processus ? 

 Ça vient à la base de l’idée de faire des chaussures avec ce côté podologique que j’avais toujours en moi. En reprenant la podologie à la base on arrive à la chaussure. Bonnes chaussures sont égales à bonne santé du pied. J’ai créé des designs pour lesquels on a des modèles déposés pour toute l’Europe. Mais l’investissement pour se lancer dans les chaussures est tellement élevé qu’on a préféré mettre le budget qu’on avait dans toute sorte de produits et matériaux en général plutôt que de se focaliser sur un modèle de chaussure. La marque c’est ce regroupement

Comment avez-vous créé la marque ? Quel a été le processus ?

 L’histoire commence vraiment à la suite de cet accident, qui a fait que j’ai dû arrêter la podologie. Je suis allée me former à Londres au design de la chaussure ensuite je suis allé rencontrer des premiers fabricants en Europe, au Portugal ; finalement j’embêtais un peu tout le monde avec mes idées de podologues. Ça commençait à coincer sur l’Europe, car l’industrie est relativement petite. J’ai vu que le Vietnam offrait des visas gratuits pour deux semaines de séjours avec, sur la même période, des salons de la chaussure, alors je me suis dit que j’allais tenter ma chance là-bas. Ça a vraiment été le départ pour la fabrication concrète. Les gens là-bas ont été très réceptifs à mon discours et ils m’ont fait plein d’échantillons. L’histoire fait que depuis j’ai passé presque la moitié de mon temps en Asie, en particulier au Vietnam, pour développer mes produits. L’industrie textile et de la chaussure en France est très petite. Même si on veut faire de la re-localisation c’est compliqué, parce que si on compte que sur la France pour s’habiller et pour mettre des chaussures c’est fini.

Quand vous créez un sac, de l’idée jusqu’à la fabrication comment ça se passe ?

Les processus sont différents en fonction des produits. Par exemple, les sacs en liège ont été créés une journée où j’étais bloqué sur la chaussure. Je venais de rencontrer un fabricant de tissus en liège et je discutais avec une fille qui travaillait dans une usine de sacs alors je lui ai dit « est-ce que tu pourrais me faire des sacs en liège ? ». Bien sûr, on a affiné tout ça, j’ai fait les dessins, on a pris les mesures, on a travaillé plus en profondeur avec les fournisseurs.

Vous collaborez avec d’autres personnes sur l’entreprise ?

On est une entreprise familiale à la base avec six membres de la même famille. Mais pour tous les produits on est en partenariat avec beaucoup de personnes au Vietnam, en Chine, à Taïwan, au Japon en France, en Inde, en Angleterre… Il y a un gros réseau qu’on a derrière car on est sur plein de matériaux différents, pour la confection aussi. Dans le monde actuel, pour les tests en laboratoire, la logistique entre autres on est obligé de collaborer avec beaucoup de personnes. C’est passionnant.

D’où tirez-vous votre inspiration pour créer des modèles ?

Il faut que cela soit toujours au minimum pratique et utile. C’est important d’avoir un style au minimum joli mais l’esthétique, c’est totalement subjectif. Il faut qu’il y ait un côté utile aussi bien pour l’environnement, que ce ne soit pas trop polluant, que pour le fabricant avec une fabrication plus pratique qui ne prenne pas trop la tête.

Pouvez-vous nous parler de valeurs que vous défendez chez Gorfoo ?

Pour parler des valeurs, j’ai envie de vous parler du nom de la marque inspiré du pingouin le Gorfou Sauteur – auquel on a enlevé le « u », remplacé par un « o ». En fait ce pingouin reprend les thématiques que l’on veut mettre en avant dans la marque. En premier il représente l’écologie et les problèmes de dérèglement climatique. Même si le pingouin gorfou sauteur n’est pas en voie de disparition, son habitat est quand même modifié par le réchauffement climatique, puisqu’il vit dans l’hémisphère sud à côté de l’Arctique. En deuxième, on veut mettre ne avant le côté « voyage » et international. C’est lié au pingouin qui est un animal migrateur, un peu comme nous pour aller chercher nos matériaux à droite et à gauche et pour faire travailler des personnes autour du monde. Ensuite, le côté « amusement » parce que le gorfou sauteur aime sauter dans les vagues, il est même appelé le « pingouin surfeur ». J’ai toujours été passionné par les sports de glisse et particulier par le ski. J’ai été technicien de ski et notre illustrateur est fan de yoga. On veut quand même s’amuser. Ce sont les trois grandes lignes de la marque.

« Il faut mettre en avant des plantes partout, il faut libéraliser le végétal »

Si vous deviez- décrire Gorfoo en deux ou trois mots ?

Réchauffement climatique, écologie, matériaux, amusement et profiter de la vie.

Y a-t-il d’autres entreprises ou personnes qui vous ont inspirées ?

Oui au départ forcément. Mes sources d’inspiration étaient Sole Technology qui est une entreprise de chaussures aux Etats-Unis dont le manageur est un français, Pierre André Senizergues, ancien skateboarder professionnel. Donc dans le monde de la chaussure, il m’a inspiré. Il y aussi la marque peu connue « For your earth », une marque française qui faisait des chaussures en matériaux recyclés sur le Vietnam. Au départ j’ai étudié ce qu’ils faisaient parce que ça m’intéressait jusqu’à ce qu’au final nos influences viennent de plus en plus de nous-même.

Avez-vous des projets pour le futur ?

Le principal projet sur lequel nous travaillons c’est de re-localiser en France dans la mesure du possible et de refaire de nouvelles fibres, en particulier avec du chanvre et des déchets végétaux, pour mettre en avant des matériaux qui sont à la fois high-tech et en même temps hyper-pertinents écologiquement parlant dans l’industrie textiles. On travaille vraiment sur la fabrication de ces nouvelles fibres, de nouveaux matériaux textiles sur des modèles qu’on veut imaginer reproductibles dans le monde entier, une fois qu’on aura prouvé que le concept est bon. Pour ça il y a un vrai débouché.

Voulez-vous rajouter quelque chose ?

Oui : « Vive la nature vive les plantes ! ». On est dans des problématiques écologiques où le dérèglement climatique est la source de beaucoup de problèmes. Les problèmes sociaux découlent des problèmes écologiques et je pense que les plantes sont nos alliées pour le futur. Il faut mettre en avant des plantes partout, il faut libéraliser le végétal.

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