L’association Espero propose des miels produits en Ile de France et forme des réfugiés au métier d’apiculteur. Maya Persaud, la directrice de l’association, nous parle de ce beau projet.

 

Bonjour Maya, quel est votre parcours ?

Je crois que j’ai eu plusieurs vies dans ma vie. J’ai fait plein de choses différentes. J’ai travaillé dans la mode, dans des ONG et j’ai fait un master d’anthropologie sociale du développement. Depuis trois ans, je me consacre à plein temps au projet Espero. Il a pour premier objectif de protéger l’environnement.

D’où vous est venue l’idée de créer Espero ?

On voulait faire quelque chose pour protéger l’environnement et le faire localement. Il s’est avéré que parmi les nouveaux arrivants sur le territoire français, beaucoup ont de l’expérience dans l’agriculture, c’était une vraie richesse pour notre projet. On a développé le projet de manière très organique. Le moment est propice car la ville de Paris soutient énormément de projets écologiques, et donc cela s’est mis en place plutôt facilement. On cherchait un terrain pour monter un projet permacole et on a trouvé un petit terrain à Bobigny. Mon collègue m’a donné l’idée de mettre des ruches et former des personnes éloignées de l’emploi à l’agriculture. Pour trouver un apiculteur c’était très compliqué. Mais à travers l’association Action Emploi Réfugié on a trouvé un homme syrien qui a 30

ans d’expérience dans l’apiculture et qui était prêt à monter le projet avec nous. Et jusqu’à maintenant, on a formé 21 personnes gratuitement à l’apiculture.

« Parmi les nouveaux arrivants sur le territoire français, beaucoup ont de l’expérience dans l’agriculture, c’est une vraie richesse pour notre projet »

Est-ce que vous collaborez avec d’autres personnes sur ce projet ?

Oui, Les Canaux nous aident énormément. Paris Night Market à présent. Notre plus grand partenaire c’est Activille qui a pour objectif de protéger la biodiversité à Bobigny. Aussi le Parti poétique qui est installé à Saint Denis et qui a les plus grandes fermes d’abeilles urbaines de l’Europe. La fondation MACIF nous soutient également. Le plus important, celui qui est notre mentor, c’est la structure SMH. Et il y en a encore beaucoup d’autres.

Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

Agir localement, c’est le plus important. Il y a de quoi faire en Ile-de-France concernant la biodiversité. Tout ce qu’on produit, on le vend en vrac, sans emballages. Pour la deuxième récolte de miel, on cherche actuellement surtout des chefs pour acheter notre miel, en vrai. On voudrait également développer des partenariats avec des boutiques en vrac. On lutte contre le gaspillage et on ne veut pas imprimer de papier.

« Agir localement, c’est le plus important »

Y-a-t-il une entreprise, une personne qui vous inspire ?

Ceux qui m’inspirent ce sont les acteurs locaux qui essayent de faire bouger les choses. On a rencontré énormément de personnes parmi la population migrante qui m’ont inspiré et beaucoup d’acteurs sur le terrain.

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